Placement abusif d'enfantsSociété

Nancy. Des travailleurs sociaux et un médecin devant le Tribunal

Placements abusifs d'enfants - ASE

Une impressionnante brochette de prévenus va se retrouver sur le gril du tribunal correctionnel de Nancy, le 28 avril 2021.
Pas moins de quatre agents de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et trois travailleurs sociaux de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) seront jugés ainsi qu’une médecin de Pont-à-Mousson. Sans oublier, la tête d’affiche : Mathieu Klein, l’actuel maire de Nancy, qui doit comparaître en tant qu’ancien président du conseil départemental.
Tous sont poursuivis pour « faux en écriture ». L’affaire est un peu, voire très, particulière. Elle n’a pas fait l’objet d’une enquête. Elle n’est pas passée entre les mains de policiers ou de gendarmes et le procureur n’a pas eu son mot à dire.

Placement d’une petite fille de 4 ans

Le dossier est parti d’une citation directe qui permet à un simple particulier s’estimant victime d’un délit d’attaquer devant le tribunal la ou les personnes qui lui auraient fait du tort. Dans le cas d’espèce, c’est un père de famille du secteur de Pont-à-Mousson qui a enclenché cette procédure exceptionnelle.
Tout part, le 29 septembre 2016, du placement de sa fille de 4 mois suite à un signalement d’une médecin de Pont-à-Mousson. La praticienne n’a pas constaté de traces de mauvais traitement sur l’enfant. Elle a vu en consultation une amie de la famille qui a débarqué avec le bébé. La patiente a expliqué que la petite fille lui avait été remise la veille par sa mère dans des conditions troubles : sans durée déterminée et sans fournir la moindre affaire, ni jouet. De plus, la maman aurait affirmé craindre la violence du père.
« La médecin a alors consulté les services de la Protection maternelle et infantile qui lui ont conseillé de faire un signalement au procureur. Ce qu’elle a fait mais de façon très nuancée. Elle n’a commis aucune faute », soutient Me Joseph Roth, l’avocat de la médecin.
Le père de famille, lui aussi médecin et installé maintenant dans le centre de la France, n’a pas vécu du tout les choses de la même façon. À ses yeux, le placement de sa fille serait « abusif ».
« Nous avons un dossier de 400 pages »
« Rien n’est prouvé contre nous dans cette affaire et pourtant nous ne pouvons plus du tout voir notre fille qui se trouve depuis deux ans au sein d’une famille d’accueil dans un lieu tenu secret », proteste le père de famille, très, mais vraiment très, remonté.
Tellement remonté qu’il a décidé de traîner tout le monde devant le tribunal : du médecin qui a fait le signalement jusqu’à l’ex-patron du Département et de ses services sociaux en passant par tous les travailleurs sociaux qui se sont penchés sur la situation de sa petite fille.

Pourquoi avoir choisi cette procédure exceptionnelle ? « Nous avons un dossier de 400 pages qui comporte suffisamment de preuves pour dire qu’ils ont fait des faux en écriture. D’autre part, si nous avions juste porté plainte, celle-ci aurait été classée sans suite par le procureur », se justifie le père de famille qui a dû payer 1 000 € de consignation pour pouvoir aller directement devant le tribunal.

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Source
L'Est Républicain

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